La formation théologique à l’horizon 2036

À l’horizon 2036, la formation théologique est appelée à dépasser un modèle uniquement académique pour devenir un écosystème hybride. L’enjeu est de tenir ensemble profondeur spirituelle, intégrité éthique et compétences réellement exercées au service des communautés.

Ce point d’étape s’appuie sur un sondage mené auprès de responsables d’établissements de formation, et sur un travail de synthèse et de discernement. Les résultats détaillés du sondage ne sont pas publiés (pas de chiffres, pas de verbatims), afin de concentrer la discussion sur la suite : ce que nous apprenons, ce que nous voulons tenter, et comment avancer ensemble.

Ce que nous apprenons : quatre piliers de solidité

1) Confiance et redevabilité

La crédibilité d’une formation ne repose pas seulement sur la qualité académique : elle repose aussi sur un cadre d’intégrité clair. Cela implique des chartes éthiques, une gouvernance lisible, des pratiques de supervision et d’évaluation cohérentes, et une capacité à attester une cohérence spirituelle (et pas uniquement des acquis). Dans ce cadre, le discernement face à l’IA devient incontournable : règles d’usage et de citation, modalités d’évaluation adaptées, et formation explicite au discernement.

2) Former la personne, pas le savoir

La formation théologique vise une maturation : spirituelle, relationnelle, émotionnelle. Le mentorat spirituel apparaît comme une colonne vertébrale : régulier, structuré, formé, avec des espaces de relecture et de discernement vocationnel. La santé émotionnelle n’est pas un “plus” : elle participe de l’aptitude à servir avec justesse, à durer, à réparer, à exercer l’autorité sans domination. Enfin, l’horizon 2036 appelle un compagnonnage sur le long terme, jalonné, plutôt qu’un parcours strictement limité à l’obtention d’un diplôme.

3) Compétences prouvées, vocation éprouvée

L’attestation devient plus crédible lorsqu’elle s’appuie sur des preuves : capacités exercées, retours de terrain, progression supervisée. Le portfolio pastoral est une piste structurante : traces d’activités, études de cas, récits d’intervention, évaluations accompagnées. L’objectif n’est pas de “faire plus”, mais de mieux valider en situation, avec des critères clairs (y compris éthiques et spirituels). Dans cette logique, des parcours modulaires jalonnés peuvent offrir de la flexibilité, à condition de préserver un fil conducteur : progression, supervision, étapes de validation.

4) Réseau apprenant

L’avenir de la formation se construit davantage “en réseau”. Le défi est de développer un modèle hybride mutualisé (partage de ressources, co-développement pédagogique) sans perdre l’incarnation. Cela suppose une forte densité relationnelle : cohortes stables, temps présentiels signifiants, rythmes communautaires, accompagnement rapproché. Enfin, le lien entre écoles et églises devient plus structurant : discernement co-porté, supervision partagée, articulation claire entre formation, service et vie communautaire.

Dimension transversale : inclusion interculturelle structurelle

L’inclusion n’est pas un module. Elle doit être intégrée dans la pédagogie et le cadre institutionnel : accueil, équité, sécurité relationnelle, attention aux asymétries de pouvoir, accompagnement différencié, apprentissage de la coopération interculturelle.

Ce qui vient : un appel à contributions, puis un Design Sprint

Cette première publication est une étape. Elle s’adresse d’abord aux personnes qui ont répondu au sondage, mais elle est aussi ouverte à toutes celles et ceux qui travaillent déjà, de près ou de loin, sur le futur de la formation théologique : doyens et équipes pédagogiques, responsables d’unions d’églises, responsables de dispositifs de formation internes, pasteurs formateurs, mentors et praticiens de terrain.

Notre intention est de faire émerger un collectif d’acteurs qui souhaitent aller plus loin, non seulement dans la réflexion, mais aussi dans l’action. Pour cela, nous lançons un appel à contributions : nous invitons chaque lecteur qui le souhaite à écrire un court texte (250–400 mots) décrivant (1) les mutations qu’il constate dans sa réalité, et (2) sa vision pour l’avenir. L’objectif est simple : nous avons besoin de vos contributions pour produire un rapport de synthèse qui permettra aux différents acteurs de s’écouter, de se comprendre, et de repérer des convergences comme des tensions fécondes.

Ce rapport de synthèse sera publié le 20 avril, à partir des textes reçus au plus tard le 10 avril.

Enfin, afin de passer du diagnostic à l’expérimentation, nous proposons dès maintenant une perspective claire : les 29 et 30 juin, nous constituerons une cohorte pour deux journées de Design Sprint en ligne. Un Design Sprint est un format intensif (ici, deux jours) qui permet de partir d’un matériau partagé (le rapport de synthèse), de clarifier un enjeu prioritaire, puis de concevoir, prototyper des pistes concrètes. L’ambition n’est pas de “tout résoudre”, mais de produire des premiers livrables utiles et éprouvables.

Comment contribuer

1) Rédigez un texte court (250–400 mots) répondant à ces deux points :

  • les mutations que vous observez concrètement dans votre contexte (formation, profils, formats, contraintes, opportunités) ;
  • votre vision pour l’avenir : priorités, risques, conditions de réussite, pistes à tester.

2) Envoyez votre contribution avant le 10 avril à : contribution@station-m.co.

  • Merci d’indiquer : Nom, fonction, organisation (et, si souhaité, pays/ville).

Calendrier

  • 10 avril : date limite d’envoi
  • 20 avril : publication du rapport de synthèse
  • 29–30 juin : Design Sprint en ligne sur un créneau compatible Europe et Canada (informations et inscription communiquées ensuite, priorité aux contributeurs)
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